Voilà le début... Certainement à retravailler^^
Prologue (ou chapitre 1) : The Undying Black
Noir (adj.) : Qui est caractérisé par l'absence de couleur (ou par une couleur très sombre) ou bien par l'absence de lumière.
...Aucun mot ne pouvait mieux me définir.
Je me présente : j'ai 17 ans et l'on m'appelle... Blacky. Je dis « on m'appelle » car personne ne connait mon vrai nom. Oh, je dois bien en avoir un, mais moi-même je ne le connais pas. Il paraît que j'ai été recueilli étant petit par ceux qui sont par conséquence mes « parents »...
Enfin bref, revenons à moi. Vous l'aurez deviné, si je me définis comme « noir », ce n'est pas de par ma couleur de peau mais bien à cause de la teinte sombre de mes pensées. Pas seulement de mes pensées, d'ailleurs : je prends bien soin de ne pas montrer le moindre signe de gaieté dans mon style vestimentaire ou même musical... Mais attention, pas comme ces « gothopouffes » de 13 ans et demi qui se prennent pour des incarnations de Satan tout en écoutant Tokio Hotel et en trouvant les membres du groupe « cro mimiiiis ». Non, je cultive le noir certes, mais le vrai noir, écoutant la musique la plus oppressante possible et portant les vêtements qui se rapprochent le plus de ceux que l'on porte pour un enterrement par un après-midi pluvieux de novembre. Même le gris me paraît une ode à la gaieté, au printemps, aux petits oiseaux dans les arbres... Exactement ce que j'essayais d'éviter. En effet, je suis dans un état dépressif. Pas en dépression, non. La dépression, c'est une maladie, ça se soigne. Dans mon cas, c'est différent : le mal-être est mon bien-être. Je ne me sens bien que lorsque je déprime. J'évite donc tout ce qui pourrait me rendre joyeux; par exemple, si l'on me propose de faire quelque chose qui me plairait — car il y a encore des choses qui me plairaient, contrairement à ce que l'on peut ressentir durant une dépression — , je refuse. A Noël, je m'enferme dans ce qui me sert de chambre, pour premièrement ne pas être contaminé par cette répugnante ambiance festive et deuxièmement pour ne pas recevoir de cadeaux. Les cadeaux sont l'incarnation de ce que je ne veux pas recevoir : de la sympathie. Que ferais-je avec ces sentiments positifs? Sortir de mon univers et devenir quelqu'un de normal? ...Et puis quoi encore.
Je suis sûr que vous dites déjà dans mon dos : « Mon Dieu, quel est son problème? Il ne peut pas être heureux comme ça... » Et je vous répond comme cela : primo, je ne considère pas mon état d'esprit et ma façon de vivre comme un problème, mais comme une différence. Et les gens sont souvent incapables de la faire, cette fameuse différence. Deuzio, effectivement, l'on ne peut pas parler de « bonheur » en me qualifiant. Mais l'on ne peut pas non plus parler de « malheur », puisque chez moi les deux sont liés. Et tertio, concernant l'emploi probable du masculin : vous ne savez même pas si je suis un garçon ou une fille. Je prend un malin plaisir — si l'on peut parler de « plaisir » ici — à jouer avec mon identité. Puisque je n'ai pas de nom, pourquoi ne serais-je pas en plus asexué? En tout cas, au strict sens psychologique du terme, je le suis. On dit que seul les anges n'ont pas de sexe... Je suis la preuve plus ou moins vivante du contraire.
Vous devez également vous dire que je n'ai pas d'amis, de par ma conception différente du bonheur. Et en effet, selon le sens que vous donnez à ce mot, je n'en ai pas. Pour vous, un ami est quelqu'un à qui l'on peut parler, avec lequel on peut rire, auquel l'on peut se confier. Ce genre d'ami là est ce que je ne veux pas. Je ne veux pas de quelqu'un avec lequel je rie mais quelqu'un qui rit de moi.
Je sais ce que vous allez dire... vous allez encore penser que je suis masochiste et que j'ai besoin de soins. Et je vous répondrai que je suis masochiste, oui. Dans le sens où vous l'entendez. Mais qu'un masochiste prend du plaisir dans ce qu'il fait. Et autre chose : je ne me scarifie pas, non, rien de corporel. Je ne me complais que dans le mal-être moral... je suis masochiste intellectuel, si vous préférez. Et alors? Cela risque-t-il de me tuer? Non. Les soins que vous voulez que je prenne ne sont destinés qu'à me rendre comme vous en me forçant à me conformer à vos standards. Si quelque chose devait me tuer... ce serait plutôt ça.
Maintenant, vous avez dû passer à la phase « Puisqu'il ne veut pas de nous, laissons-le se suicider ». Oh, ça pourrait m'arriver. Mais il y a cependant peu de chances. La vie ne me déplaît pas, je n'en ai juste rien à faire. J'ai juste peur que la mort soit moins noire que la vie. Si un jour, je commence à ne plus pouvoir me maintenir dans cet état de dépression, peut-être que dans ce cas, j'irai faire un tour dans l'autre monde.
Au fait, si vous lisez ceci, vous attendiez peut-être une histoire, mon histoire, après cette description plutôt longue et rébarbative. En effet, j'ai une histoire. Mais ce n'est pas une histoire comme dans les films, où le gentil héros incompris finit par se marier avec la belle blonde de service. Non. Ma vie n'est pas une histoire triste avec une « happy end » : c'est juste une histoire triste. Enfin « triste » dans le sens où vous l'entendez, pas dans le mien. Triste dans le sens où tout sentiment positif en est banni, tout n'est que diverses nuances de noir.
...Vous la voulez quand même? Je vous aurais prévenus.
Ma vie n'a pas toujours été noire : elle a été grise aussi. J'ai été enfant et je sais ce que signifie l'« innocence de l'enfance » : ça veut dire que l'on ne comprend pas toujours les saloperies que l'on te fait subir.
Étant enfant (je devais avoir 6-7 ans), mes « parents » m'ont un jour confié à un couple qu'on m'avait présenté comme « ma tante et mon oncle ». J'y ai cru; à cet âge on ne se pose pas de questions là-dessus, surtout si ça vient des parents. Et je fus donc confié à ces gens dont je ne savais rien à part que l'un d'entre eux était probablement soit le frère soit la soeur d'un de mes parents.
Ils étaient très gentils. Au début, ils s'occupaient bien de moi, ils me donnaient des bonbons, me proposaient de jouer à des jeux...
J'étais bien. Je n'ai jamais été comme ça depuis. Mais lorsque les bonbons sont devenus les prétextes à des jeux d'une toute autre forme, je me suis rendu compte que la spirale infernale commençait.
...Trop tard.
Au début ça n'était que de simples câlins, puis c'est devenu des bisous, des contacts de plus en plus intimes... Jusqu'à cette soirée....
Car mon oncle (et ma tante... même elle y prenait part) avait décelé chez moi la parfaite occasion de se faire de l'argent tout en prenant du bon temps. Ce maniaque pédophile avait invité ses copains pervers pour une soirée en les faisant payer pour « s'amuser » avec la mini-salope qu'il m'avait fait devenir. Inutile de vous préciser combien ce fut l'enfer... Je préfère vous passer les détails.
Le traumatisme fut grand... Mais finalement, la haine ne perdura pas. Et même ce couple démoniaque... Je n'arrive pas à le haïr... Seulement à éprouver l'indifférence obscure dont j'ai le secret.
Vous vous demandiez pourquoi j'écris?
Vous avez votre réponse : j'écris pour tenter de retrouver la haine que je n'ai que trop cherché. Car pour moi, la haine serait un sentiment. Chose que j'aimerais bien éprouver de nouveau : toutes les punitions du monde m'ont trop renforcé pour que je ressente quoique ce soit maintenant. Un peu comme un drogué qui a toujours besoin de quelque chose de plus fort...
Je suis addict aux sentiments négatifs.
Mon nom est Blacky, et je jure qu'un jour je haïrai cette personne...
Prologue (ou chapitre 1) : The Undying Black
Noir (adj.) : Qui est caractérisé par l'absence de couleur (ou par une couleur très sombre) ou bien par l'absence de lumière.
...Aucun mot ne pouvait mieux me définir.
Je me présente : j'ai 17 ans et l'on m'appelle... Blacky. Je dis « on m'appelle » car personne ne connait mon vrai nom. Oh, je dois bien en avoir un, mais moi-même je ne le connais pas. Il paraît que j'ai été recueilli étant petit par ceux qui sont par conséquence mes « parents »...
Enfin bref, revenons à moi. Vous l'aurez deviné, si je me définis comme « noir », ce n'est pas de par ma couleur de peau mais bien à cause de la teinte sombre de mes pensées. Pas seulement de mes pensées, d'ailleurs : je prends bien soin de ne pas montrer le moindre signe de gaieté dans mon style vestimentaire ou même musical... Mais attention, pas comme ces « gothopouffes » de 13 ans et demi qui se prennent pour des incarnations de Satan tout en écoutant Tokio Hotel et en trouvant les membres du groupe « cro mimiiiis ». Non, je cultive le noir certes, mais le vrai noir, écoutant la musique la plus oppressante possible et portant les vêtements qui se rapprochent le plus de ceux que l'on porte pour un enterrement par un après-midi pluvieux de novembre. Même le gris me paraît une ode à la gaieté, au printemps, aux petits oiseaux dans les arbres... Exactement ce que j'essayais d'éviter. En effet, je suis dans un état dépressif. Pas en dépression, non. La dépression, c'est une maladie, ça se soigne. Dans mon cas, c'est différent : le mal-être est mon bien-être. Je ne me sens bien que lorsque je déprime. J'évite donc tout ce qui pourrait me rendre joyeux; par exemple, si l'on me propose de faire quelque chose qui me plairait — car il y a encore des choses qui me plairaient, contrairement à ce que l'on peut ressentir durant une dépression — , je refuse. A Noël, je m'enferme dans ce qui me sert de chambre, pour premièrement ne pas être contaminé par cette répugnante ambiance festive et deuxièmement pour ne pas recevoir de cadeaux. Les cadeaux sont l'incarnation de ce que je ne veux pas recevoir : de la sympathie. Que ferais-je avec ces sentiments positifs? Sortir de mon univers et devenir quelqu'un de normal? ...Et puis quoi encore.
Je suis sûr que vous dites déjà dans mon dos : « Mon Dieu, quel est son problème? Il ne peut pas être heureux comme ça... » Et je vous répond comme cela : primo, je ne considère pas mon état d'esprit et ma façon de vivre comme un problème, mais comme une différence. Et les gens sont souvent incapables de la faire, cette fameuse différence. Deuzio, effectivement, l'on ne peut pas parler de « bonheur » en me qualifiant. Mais l'on ne peut pas non plus parler de « malheur », puisque chez moi les deux sont liés. Et tertio, concernant l'emploi probable du masculin : vous ne savez même pas si je suis un garçon ou une fille. Je prend un malin plaisir — si l'on peut parler de « plaisir » ici — à jouer avec mon identité. Puisque je n'ai pas de nom, pourquoi ne serais-je pas en plus asexué? En tout cas, au strict sens psychologique du terme, je le suis. On dit que seul les anges n'ont pas de sexe... Je suis la preuve plus ou moins vivante du contraire.
Vous devez également vous dire que je n'ai pas d'amis, de par ma conception différente du bonheur. Et en effet, selon le sens que vous donnez à ce mot, je n'en ai pas. Pour vous, un ami est quelqu'un à qui l'on peut parler, avec lequel on peut rire, auquel l'on peut se confier. Ce genre d'ami là est ce que je ne veux pas. Je ne veux pas de quelqu'un avec lequel je rie mais quelqu'un qui rit de moi.
Je sais ce que vous allez dire... vous allez encore penser que je suis masochiste et que j'ai besoin de soins. Et je vous répondrai que je suis masochiste, oui. Dans le sens où vous l'entendez. Mais qu'un masochiste prend du plaisir dans ce qu'il fait. Et autre chose : je ne me scarifie pas, non, rien de corporel. Je ne me complais que dans le mal-être moral... je suis masochiste intellectuel, si vous préférez. Et alors? Cela risque-t-il de me tuer? Non. Les soins que vous voulez que je prenne ne sont destinés qu'à me rendre comme vous en me forçant à me conformer à vos standards. Si quelque chose devait me tuer... ce serait plutôt ça.
Maintenant, vous avez dû passer à la phase « Puisqu'il ne veut pas de nous, laissons-le se suicider ». Oh, ça pourrait m'arriver. Mais il y a cependant peu de chances. La vie ne me déplaît pas, je n'en ai juste rien à faire. J'ai juste peur que la mort soit moins noire que la vie. Si un jour, je commence à ne plus pouvoir me maintenir dans cet état de dépression, peut-être que dans ce cas, j'irai faire un tour dans l'autre monde.
Au fait, si vous lisez ceci, vous attendiez peut-être une histoire, mon histoire, après cette description plutôt longue et rébarbative. En effet, j'ai une histoire. Mais ce n'est pas une histoire comme dans les films, où le gentil héros incompris finit par se marier avec la belle blonde de service. Non. Ma vie n'est pas une histoire triste avec une « happy end » : c'est juste une histoire triste. Enfin « triste » dans le sens où vous l'entendez, pas dans le mien. Triste dans le sens où tout sentiment positif en est banni, tout n'est que diverses nuances de noir.
...Vous la voulez quand même? Je vous aurais prévenus.
Ma vie n'a pas toujours été noire : elle a été grise aussi. J'ai été enfant et je sais ce que signifie l'« innocence de l'enfance » : ça veut dire que l'on ne comprend pas toujours les saloperies que l'on te fait subir.
Étant enfant (je devais avoir 6-7 ans), mes « parents » m'ont un jour confié à un couple qu'on m'avait présenté comme « ma tante et mon oncle ». J'y ai cru; à cet âge on ne se pose pas de questions là-dessus, surtout si ça vient des parents. Et je fus donc confié à ces gens dont je ne savais rien à part que l'un d'entre eux était probablement soit le frère soit la soeur d'un de mes parents.
Ils étaient très gentils. Au début, ils s'occupaient bien de moi, ils me donnaient des bonbons, me proposaient de jouer à des jeux...
J'étais bien. Je n'ai jamais été comme ça depuis. Mais lorsque les bonbons sont devenus les prétextes à des jeux d'une toute autre forme, je me suis rendu compte que la spirale infernale commençait.
...Trop tard.
Au début ça n'était que de simples câlins, puis c'est devenu des bisous, des contacts de plus en plus intimes... Jusqu'à cette soirée....
Car mon oncle (et ma tante... même elle y prenait part) avait décelé chez moi la parfaite occasion de se faire de l'argent tout en prenant du bon temps. Ce maniaque pédophile avait invité ses copains pervers pour une soirée en les faisant payer pour « s'amuser » avec la mini-salope qu'il m'avait fait devenir. Inutile de vous préciser combien ce fut l'enfer... Je préfère vous passer les détails.
Le traumatisme fut grand... Mais finalement, la haine ne perdura pas. Et même ce couple démoniaque... Je n'arrive pas à le haïr... Seulement à éprouver l'indifférence obscure dont j'ai le secret.
Vous vous demandiez pourquoi j'écris?
Vous avez votre réponse : j'écris pour tenter de retrouver la haine que je n'ai que trop cherché. Car pour moi, la haine serait un sentiment. Chose que j'aimerais bien éprouver de nouveau : toutes les punitions du monde m'ont trop renforcé pour que je ressente quoique ce soit maintenant. Un peu comme un drogué qui a toujours besoin de quelque chose de plus fort...
Je suis addict aux sentiments négatifs.
Mon nom est Blacky, et je jure qu'un jour je haïrai cette personne...
